Votre développement logiciel est admissible à la RS&DE dès lors que le travail affronte une incertitude technologique réelle et qu’il est mené par une investigation systématique, hypothèse après hypothèse, jusqu’à un avancement technologique mesurable. Le codage routinier, lui, n’entre jamais dans ce cadre. Les sections qui suivent détaillent comment reconnaître ce travail, le documenter et remplir votre T661 sans faille.
En bref:
- Un projet logiciel doit présenter une incertitude technologique, une investigation systématique et un avancement mesurable pour être admissible à la RS&DE.
- Les tâches admissibles incluent le développement d’algorithmes innovants, la création de bancs d’essai ou d’outils expérimentaux, ainsi que l’expérimentation en apprentissage automatique.
- Seules les dépenses liées aux travaux expérimentaux, telles que les salaires, coûts cloud ou matériel de test, peuvent être réclamées en prouvant leur attribution réelle.
- La documentation doit être précise et datée, en évitant de la rédiger plusieurs mois après les travaux, pour garantir la conformité en cas de vérification.
- L’accompagnement par un prestataire spécialisé optimise la gestion du dossier et limite la charge de travail pour l’équipe interne.
Table des matières
- RS&DE logiciel : les trois critères de l’ARC décryptés
- Quelles tâches logicielles l’ARC accepte-t-elle vraiment ?
- Quelles dépenses pouvez-vous réclamer, et comment les tracer ?
- Comment remplir le T661 sans fragiliser votre dossier
- Trois profils de projets logiciels qui passent l’épreuve de l’audit
- Ce que HLP observe dans les dossiers RS&DE logiciel
- Faites valoir votre RS&DE logiciel sans y laisser des mois de travail
- Où vérifier les règles RS&DE par vous-même
- Sources
- Questions fréquentes
RS&DE logiciel : les trois critères de l’ARC décryptés
L’Agence du revenu du Canada n’évalue pas un projet logiciel sur sa complexité apparente, mais sur trois critères précis. Un projet doit démontrer une incertitude technologique (vous ne saviez pas, au départ, si l’objectif était atteignable avec les connaissances ou technologies existantes), une investigation systématique (vous avez formulé des hypothèses et les avez testées méthodiquement) et un avancement technologique (le travail a fait progresser votre compréhension, même en cas d’échec partiel).
Ces trois critères s’appliquent en cascade. Sans incertitude documentée, peu importe la rigueur de votre méthode de travail, la demande tombe. C’est d’ailleurs le principe que rappelle l’Agence du revenu du Canada dans ses critères d’admissibilité : le développement logiciel routinier, celui qui applique des cadres établis ou suit une documentation d’API connue, n’entre jamais dans le programme.
Un point mérite votre attention particulière : la notion d’incertitude système. Une décision de la Cour canadienne de l’impôt rendue en 2024, dans l’affaire DAZZM, a confirmé qu’assembler des composants individuellement connus peut créer une incertitude technique imprévisible au niveau de l’intégration. Autrement dit, vous n’avez pas besoin d’inventer un algorithme inédit pour être admissible : combiner deux systèmes matures d’une façon qui produit un comportement imprévu suffit souvent, à condition que vous ayez testé et documenté cette incertitude.
Pour évaluer si le travail de votre équipe qualifie :
- Demandez-vous si un développeur senior du domaine aurait pu prédire le résultat avant de commencer.
- Vérifiez si plusieurs approches ont été testées et rejetées avant d’aboutir à une solution.
- Cherchez des traces de mesures, de benchmarks ou de tests de charge qui appuient une démarche expérimentale.
- Regardez si le projet a généré une connaissance technique réutilisable, même en cas d’échec.
Conseil de pro : ne jugez pas l’admissibilité au niveau du projet entier, mais au niveau des tâches. Un sprint peut contenir à la fois du travail admissible (résolution d’un goulot d’étranglement imprévu) et du travail qui ne l’est pas (ajout d’un bouton dans l’interface). Séparez les deux dès la planification.
Quelles tâches logicielles l’ARC accepte-t-elle vraiment ?
Repérer le travail admissible demande de regarder vos commits et vos tickets avec un œil différent de celui d’un chef de produit. Voici les catégories qui reviennent le plus souvent dans les dossiers solides, et celles qui échouent systématiquement.
- Développement d’algorithmes novateurs : une méthode de tri, de recommandation ou de compression qui dépasse les solutions documentées dans la littérature technique existante est presque toujours admissible.
- Outillage interne expérimental : simulateurs, bancs d’essai ou harnais de test construits parce qu’aucun outil du marché ne répondait au besoin constituent un terrain fertile, comme le souligne GrantOps dans son analyse de la RS&DE pour le logiciel.
- Optimisation de performance sans solution connue : réduire une latence ou une consommation mémoire quand les techniques standards ont déjà échoué.
- Expérimentation en apprentissage automatique : tester des architectures de modèles hors des pratiques établies, y compris les approches qui échouent.
- Intégration à incertitude système : combiner des services connus d’une façon dont le comportement combiné était imprévisible.
À l’inverse, les corrections de bogues courantes, les migrations de données planifiées, les intégrations d’API selon la documentation du fournisseur et les tâches d’assurance qualité standard ne qualifient pas. Un test rapide : si un développeur intermédiaire aurait pu résoudre le problème en suivant un tutoriel ou une documentation officielle, ce n’est pas de la RS&DE.
Quelles dépenses pouvez-vous réclamer, et comment les tracer ?
Le programme couvre plusieurs catégories de coûts, mais chacune exige une méthode d’imputation rigoureuse. Les salaires des développeurs, ingénieurs et gestionnaires techniques qui participent directement aux travaux expérimentaux forment généralement le poste le plus important. Vous devez toutefois répartir leur temps entre les tâches admissibles et les tâches courantes, sprint par sprint si possible.
Les coûts infonuagiques suivent une règle précise : ils sont admissibles seulement lorsqu’ils sont directement attribuables à l’activité RS&DE, comme l’entraînement d’un modèle ou une simulation à grande échelle. Les instances qui font tourner votre environnement de production, elles, restent exclues, une distinction que confirme l’analyse de GrantOps sur les coûts cloud en RS&DE.
Les postes de dépenses à surveiller :
- Salaires et charges des employés affectés aux travaux expérimentaux, au prorata du temps réellement consacré.
- Coûts infonuagiques directement liés à l’entraînement de modèles ou aux simulations de test.
- Matériel consommé pendant les essais (serveurs de test dédiés, capteurs, équipements de laboratoire logiciel).
- Sous-traitance technique, lorsque le sous-traitant participe lui-même à l’investigation systématique.
Pour que ces coûts tiennent en cas de vérification, conservez les scripts d’exécution, les journaux de facturation cloud filtrés par projet et les métriques d’entraînement. Les sociétés privées sous contrôle canadien qui n’ont pas encore de revenus peuvent recevoir un crédit entièrement remboursable, ce qui fait de la RS&DE une source de financement non dilutif particulièrement précieuse pour les jeunes entreprises technologiques, selon GrantOps.
Comment remplir le T661 sans fragiliser votre dossier
Le formulaire T661 exige une narration technique précise aux lignes 242, 244 et 246, et chacune répond à une question distincte selon le guide du formulaire T661 publié par Chrono.
- Ligne 242 : décrivez l’incertitude technologique. Quelle question n’aviez-vous pas de réponse au départ ?
- Ligne 244 : détaillez le travail effectué selon une structure hypothèse, test, résultat. Chaque itération doit apparaître.
- Ligne 246 : expliquez l’avancement technologique obtenu, même partiel ou négatif.
Conservez vos historiques de commits, descriptions de pull récents et journaux de tests au fil de l’eau : ce sont les preuves les plus solides en cas de révision. Le T661 doit être joint au T2SCH31 et déposé dans une fenêtre de 18 mois suivant la fin de votre exercice financier, un délai que rappelle le même guide Chrono. L’erreur la plus fréquente : rédiger la description technique des mois après coup, en s’appuyant sur la mémoire plutôt que sur des artefacts datés.
Conseil de pro : demandez à vos développeurs de rédiger leurs descriptions de PR comme s’ils racontaient une histoire à un futur vérificateur : quelle hypothèse, quel test, quel résultat. Cela transforme un simple historique Git en preuve exploitable neuf mois plus tard.
Trois profils de projets logiciels qui passent l’épreuve de l’audit
Optimisation haute performance. Une équipe qui réduit un temps de traitement de 40 % en testant successivement trois architectures de cache, avec des métriques de latence consignées à chaque itération, dispose d’un dossier quasi inattaquable. Les commits horodatés montrant les échecs intermédiaires valent autant que le succès final.
Outillage de simulation interne. Construire un banc d’essai pour reproduire des conditions réseau instables, parce qu’aucune solution commerciale ne le permettait, illustre exactement le type d’outillage évoqué plus haut. La preuve clé : documenter pourquoi les outils existants ont été jugés insuffisants avant de commencer à coder le vôtre.
Expérimentation en apprentissage automatique. Une entreprise qui teste quatre architectures de modèles, en abandonne trois pour des raisons précises (surapprentissage, coût de calcul, instabilité), qualifie même si une seule approche aboutit. L’Agence n’exige pas un résultat fonctionnel : elle exige une investigation systématique, et GrantOps le rappelle explicitement dans son analyse du secteur logiciel.
- Journaux de tests horodatés et scripts de benchmark conservés pour chaque itération.
- Descriptions de PR expliquant pourquoi une approche a été abandonnée.
- Tickets liés aux hypothèses initiales, même quand elles se sont révélées fausses.
Ce que HLP observe dans les dossiers RS&DE logiciel
Les erreurs les plus coûteuses viennent rarement d’un manque de travail admissible, mais d’une documentation reconstituée trop tard ou d’un outillage interne jamais mentionné. Transformer des commits épars en récit T661 cohérent est précisément le travail quotidien d’une équipe multidisciplinaire, qui allie expertise technique et rigueur fiscale pour défendre chaque ligne du dossier.
— Alexandre
Faites valoir votre RS&DE logiciel sans y laisser des mois de travail
Rédiger une description technique convaincante pour les lignes 242, 244 et 246 tout en gérant vos sprints demande du temps que peu de dirigeants d’entreprises logicielles peuvent se permettre de perdre. Un prestataire peut prendre en charge l’ensemble du processus : rédaction des projets de recherche et développement, maximisation de la réclamation, suivi et support lors d’une vérification, et représentation en cas d’opposition ou devant la Cour canadienne de l’impôt.

La démarche suit un fil logique : évaluation initiale de vos projets logiciels, collecte des artefacts contemporains (commits, journaux de tests, tickets), rédaction technique alignée sur les critères de l’ARC, dépôt du dossier, puis suivi si l’Agence revient avec des questions. L’approche personnalisée s’appuie sur une compréhension des enjeux technologiques propres aux secteurs innovants, qu’il s’agisse de logiciel pur, de biotechnologie ou d’aérospatiale. Si vous gérez des données sensibles pendant cette collecte, la politique de confidentialité d’HLP précise le traitement appliqué à vos informations.
Vous voulez savoir si votre dernier trimestre de développement contient du travail admissible ? Demandez une évaluation à l’équipe HLP et obtenez un avis concret avant votre prochaine échéance de dépôt.

Où vérifier les règles RS&DE par vous-même
Pour les dirigeants qui préfèrent croiser les sources, l’Agence du revenu du Canada reste la référence ultime en cas de doute sur l’admissibilité. Consultez ses critères d’admissibilité RS&DE et son guide technique pour les demandeurs. Le guide du formulaire T661 de Chrono et l’analyse sectorielle de GrantOps complètent utilement ces lectures. Le blogue HLP approfondit la méthodologie de collecte de preuves.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un conseiller financier qualifié. Consultez un professionnel financier qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Sources
- RS&DE — Admissibilité (Agence du revenu du Canada)
- Guide du formulaire T661 : remplir votre demande RS&DE | Chrono
- RS&DE pour logiciels et SaaS | GrantOps
Questions fréquentes
Le développement logiciel est-il admissible à la RS&DE ?
Oui, à condition que le travail comporte une incertitude technologique réelle, une investigation systématique et un avancement technique mesurable. Le codage routinier utilisant des cadres établis ou une documentation d’API connue ne qualifie pas.
Quelle est la différence entre incertitude technologique et difficulté technique ?
Une difficulté technique se résout avec les connaissances existantes, même si elle prend du temps. Une incertitude technologique existe quand personne dans votre domaine ne sait, au départ, si l’objectif est atteignable avec les technologies disponibles.
Les échecs de projet peuvent-ils être réclamés en RS&DE ?
Oui, une approche testée et abandonnée reste une preuve valable d’investigation systématique, tant que l’échec est documenté avec ses hypothèses et ses résultats. L’ARC n’exige pas une solution fonctionnelle, seulement un avancement de la compréhension technique.
Les coûts infonuagiques sont-ils toujours admissibles ?
Non, seuls les coûts cloud directement attribuables à l’activité RS&DE, comme l’entraînement d’un modèle ou une simulation expérimentale, sont admissibles. Les instances de production restent exclues du calcul.
Quel est le délai pour déposer le formulaire T661 ?
Le T661 doit être déposé avec le T2SCH31 dans une fenêtre de 18 mois suivant la fin de votre exercice financier. Passé ce délai, la demande devient irrecevable, peu importe la qualité du dossier technique.
Combien coûte un accompagnement RS&DE avec HLP ?
Les tarifs des services d’accompagnement d’HLP, incluant la rédaction technique et la représentation en litige, sont disponibles directement en contactant l’équipe HLP pour une évaluation adaptée à votre dossier.

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