Les contrôles internes incontournables pour une réclamation RS&DE défendable sont : une identification formelle des projets admissibles, une traçabilité rigoureuse des heures, une séparation comptable claire entre dépenses admissibles et non admissibles, des preuves contractuelles pour les travaux externalisés, et une conservation lisible des registres pendant 6 ans. Ces éléments sont exactement ce que vérifient le conseiller en recherche et technologie (CRT) et l’examinateur financier (EF) lors d’un examen de l’ARC, et nous les mettons en place avec chaque client que nous accompagnons.
En bref:
- Reliez chaque heure déclarée à une tâche précise de la charte, puis archivez rapports d’essais datés, versions de code et conclusions pour retracer l’avancement technique.
- Les dépenses contractuelles peuvent être admissibles à 80 % si le fournisseur imposable réalise les travaux au Canada et déduit les sommes reçues de ses dépenses.
- Le conseiller en recherche et technologie juge l’admissibilité technique, tandis que l’examinateur financier contrôle les dépenses et les calculs ; préparez des pièces distinctes pour chacun.
- En cas de proposition d’ajustement, l’entreprise peut présenter des observations écrites avant le rapport définitif ; des preuves techniques ciblées valent mieux que des objections générales.
Table des matières
- Ce que recouvrent les contrôles internes en RS&DE et leur fondement réglementaire
- Les contrôles essentiels à mettre en place
- Documenter le dossier : exemples concrets attendus par l’ARC
- Se préparer à un examen RS&DE de l’ARC
- Intégrer les contrôles RS&DE dans la gouvernance de l’entreprise
- Ce que l’expérience terrain nous apprend sur les contrôles RS&DE
- Comment nous pouvons formaliser vos contrôles internes RS&DE
- Questions fréquentes
- Sources
Ce que recouvrent les contrôles internes en RS&DE et leur fondement réglementaire
Un contrôle interne appliqué à la RS&DE n’est rien d’autre qu’une procédure documentée qui garantit que les projets réclamés répondent aux critères d’admissibilité, que les dépenses sont correctement affectées, et que les responsabilités de chaque intervenant sont claires du moment où le travail technique commence jusqu’à la soumission du formulaire T661. Ce n’est pas un exercice comptable isolé : c’est un fil conducteur entre le travail du chercheur, le registre des heures et la déclaration fiscale.
L’Agence du revenu du Canada précise dans son guide d’examen que l’admissibilité technique d’un projet repose sur une investigation systématique, tandis que la politique sur les crédits d’impôt à l’investissement encadre les règles de calcul et de conservation des limites entre sociétés associées. Ces deux textes forment le socle sur lequel repose toute réclamation solide.
L’absence de séparation claire entre dépenses de R&D et dépenses commerciales reste l’une des causes les plus fréquentes de redressement. Un examinateur financier qui retrouve des coûts de production régulière, d’étude de marché ou de mise en service noyés dans les dépenses réclamées va naturellement élargir son examen.
Les contrôles doivent donc couvrir :
- La qualification technique du projet dès son lancement, avant même que les premières heures soient inscrites.
- L’affectation comptable continue des dépenses, projet par projet, et non en fin d’exercice.
- La documentation contractuelle systématique pour tout travail confié à un tiers.
- La revue périodique par une personne qui n’a pas rédigé elle-même la demande.
Les contrôles essentiels à mettre en place
Une entreprise qui réclame la RS&DE sans structure de contrôle s’expose à un dossier fragile, même lorsque le travail scientifique est réel. Voici les six piliers que nous retrouvons systématiquement dans les dossiers qui résistent à un examen.
- Une charte de projet dès le départ qui pose l’hypothèse, le protocole d’expérimentation et les conclusions attendues, conformément à la définition des travaux admissibles de l’ARC.
- Un suivi du temps rattaché à des tâches techniques précises, et non à des blocs génériques comme « développement » ou « ingénierie ».
- Des procédures comptables dédiées qui isolent les dépenses RS&DE dès leur saisie, plutôt qu’un reclassement a posteriori.
- Des contrats et preuves d’exécution pour tout travail effectué par un tiers, incluant factures détaillées, livrables datés et correspondance technique.
- Une revue technique périodique, idéalement trimestrielle, menée par une personne distincte du rédacteur du dossier.
- Une conservation des documents en format électronique lisible, maintenue pendant six ans comme l’exige l’ARC.
Conseil de pro : liez chaque entrée de relevé de temps à une tâche technique définie dans votre charte de projet, hypothèse, expérimentation, résultat, afin que le CRT puisse suivre la contribution individuelle à l’avancement technologique sans poser de questions supplémentaires.
Les règles sur les travaux contractuels méritent une attention particulière : la politique sur les dépenses relatives à des contrats prévoit qu’une grande partie des dépenses contractuelles sont admissibles pour le payeur lorsque les travaux sont réalisés au Canada par un fournisseur imposable, à condition que l’exécutant réduise ses propres dépenses admissibles des montants reçus.
Documenter le dossier : exemples concrets attendus par l’ARC
Un dossier RS&DE défendable se construit ligne par ligne, en miroir des sections 270 à 282 du formulaire T661, où l’ARC demande la description du projet, les obstacles technologiques rencontrés et le travail effectué pour les surmonter.
Les livrables qui soutiennent efficacement cette description incluent :
- Des rapports d’essais datés, même sommaires, qui montrent l’échec ou le succès d’une itération.
- Des versions de code archivées (contrôle de version) qui prouvent l’évolution d’une solution technique.
- Des enregistrements d’expérimentation en laboratoire ou en atelier, avec dates et responsables identifiés.
- Des factures de sous-traitance liées directement à une tâche technique du projet.
Conserver des registres comptables lisibles pendant au moins six ans fait partie des exigences formulées par l’ARC dans son guide d’examen, qui précise aussi que des copies électroniques peuvent être exigées en cours d’examen.
Le format électronique lisible n’est pas un détail administratif : un examinateur qui doit reconstituer un historique de fichiers papier dispersés élargira presque toujours le périmètre de sa vérification. Un pack d’examen bien structuré, regroupant résumé de projet, journal des heures, échantillons de livrables, contrats clés et rapprochements comptables, accélère la résolution des enjeux dès la première réunion. Notre guide sur les preuves contemporaines détaille la nature des pièces que l’ARC accepte réellement, projet par projet.

Se préparer à un examen RS&DE de l’ARC
Un examen RS&DE mobilise deux profils distincts : le CRT évalue l’admissibilité technique du projet, tandis que l’EF vérifie la conformité des dépenses et l’exactitude des calculs. Comprendre cette répartition des rôles permet de préparer les bons documents pour chaque interlocuteur plutôt qu’un seul dossier générique.
Avant la réunion d’examen, nous recommandons de rassembler :
- Le résumé technique de chaque projet avec ses obstacles et ses conclusions.
- Le journal des heures rattaché aux tâches techniques identifiées.
- Les contrats et factures des travaux confiés à des tiers.
- Les rapprochements entre les dépenses déclarées et les registres comptables.
Lorsque l’ARC transmet une proposition d’ajustement, l’entreprise dispose d’un droit de représentation écrite pour contester les constats avant la finalisation du rapport. Répondre avec des supports techniques précis, plutôt que des arguments généraux, réduit nettement le risque que l’ajustement proposé soit maintenu. Notre article sur le déroulé d’un examen ARC détaille les interactions concrètes entre CRT, EF et l’entreprise examinée.
Intégrer les contrôles RS&DE dans la gouvernance de l’entreprise
Les normes de l’audit interne (IIA) distinguent les missions d’assurance des missions de conseil, une distinction utile pour structurer les contrôles RS&DE. Une lettre de mission formalisée, même interne, clarifie qui qualifie les projets, qui révise les dépenses, et à quel rythme.
- Désigner un responsable de la qualification technique des projets, distinct du responsable financier.
- Formaliser un calendrier de revue trimestriel plutôt qu’une vérification unique en fin d’année.
- Prévoir un co-sourcing ponctuel avec des experts externes pour les projets les plus techniques.
Conseil de pro : planifiez un cycle annuel de revue des contrôles RS&DE calé sur votre exercice fiscal, afin que la documentation soit déjà prête au moment de soumettre le T661. L’approche décrite dans le livre blanc IFACI sur les missions spéciales et de conseil offre un cadre transposable à cette gouvernance.
Ce que l’expérience terrain nous apprend sur les contrôles RS&DE
Les entreprises qui réussissent leur examen ne sont pas celles qui ont le plus de documentation, mais celles dont la documentation raconte une histoire technique cohérente du premier jour du projet jusqu’à la demande déposée. La plupart des dossiers fragiles ne manquent pas de preuves : ils manquent de structure pour les relier entre elles.
Les secteurs comme l’agriculture, la biotechnologie et l’aérospatial exigent une personnalisation fine des contrôles, car leurs cycles d’expérimentation diffèrent profondément. L’accompagnement apporte une valeur immédiate lorsque l’entreprise s’apprête à déposer sa première demande ou vient de recevoir un avis d’examen.
— Alexandre
Comment nous pouvons formaliser vos contrôles internes RS&DE
Mettre en place ces contrôles en interne demande du temps que les équipes techniques n’ont souvent pas, entre la gestion des projets et la préparation fiscale. Nous accompagnons les entreprises innovantes à chaque étape, de la rédaction technique du dossier jusqu’à la représentation lors d’un litige avec l’ARC.

- Nous rédigeons les descriptions techniques de projets en lien direct avec les critères d’admissibilité de l’ARC.
- Nous préparons les dossiers en vue d’une vérification et assurons le suivi des échanges avec les examinateurs.
- Nous représentons les entreprises lors des oppositions et devant la Cour canadienne de l’impôt lorsque nécessaire.
Pour structurer et conserver vos rapports techniques en format lisible, l’outil Cloud OS peut appuyer la rédaction et l’archivage de vos preuves au quotidien. Si votre entreprise prépare sa première réclamation ou vient de recevoir un avis d’examen, découvrez nos services d’accompagnement RS&DE pour bâtir un dossier défendable dès maintenant.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un conseiller financier qualifié. Consultez un professionnel financier qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Questions fréquentes
Qui examine une demande RS&DE à l’ARC ?
Un examen RS&DE est généralement mené par un conseiller en recherche et technologie, qui évalue l’admissibilité scientifique du projet, et par un examinateur financier, qui vérifie la conformité des dépenses réclamées.
Combien de temps faut-il conserver les registres RS&DE ?
L’ARC exige la conservation des registres comptables pendant au moins six ans, en format lisible et accessible en cas de demande de copies électroniques. Cette durée s’applique aux pièces justificatives techniques comme aux documents comptables.
Quelles dépenses contractuelles sont admissibles à la RS&DE ?
Selon la politique sur les dépenses relatives à des contrats, 80 % des dépenses contractuelles sont admissibles pour le payeur lorsque les travaux sont exécutés au Canada par un fournisseur imposable. L’exécutant doit réduire ses propres dépenses admissibles des montants reçus pour éviter un double comptage.
Qu’est-ce qui rend un projet admissible à la RS&DE ?
Un projet est admissible lorsqu’il vise un avancement scientifique ou technologique obtenu par une investigation systématique : définition d’un problème, formulation d’une hypothèse, expérimentation et conclusions documentées. Un projet purement commercial ou de routine technique ne répond pas à ces critères.
Que se passe-t-il si l’ARC propose un ajustement après examen ?
L’entreprise reçoit une proposition d’ajustement et dispose d’un droit de représentation écrite pour contester les constats avant la finalisation du rapport d’examen. Fournir des supports techniques précis à ce stade réduit le risque que l’ajustement proposé soit maintenu.

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