Pour une demande RS&DE défendable auprès de l’Agence du revenu du Canada, vos feuilles de temps doivent lier chaque heure à un employé, une activité technique et une preuve contemporaine. La saisie doit être fréquente, idéalement quotidienne ou hebdomadaire, rapprochée avec la paie et les T4, jamais reconstituée après coup. Conservez exports et historique des modifications au moins six ans : c’est ce qui transforme une déclaration en dossier capable de résister à un examen technique.
En bref:
- La tenue quotidienne ou hebdomadaire des feuilles de temps, avec mention précise des preuves techniques, est essentielle pour assurer la conformité et résister à un contrôle de l’Agence du revenu du Canada.
- Les outils doivent permettre un contrôle rigoureux, incluant un historique des modifications, un export des données et, pour les équipes plus importantes, une gestion avec logiciel dédié doté d’une piste d’audit automatique.
- La cohérence entre les heures déclarées, les preuves techniques et le rapprochement avec la paie doit être systématiquement vérifiée pour éviter tout décalage lors d’un examen.
- La conservation des fichiers, documents et preuves doit être assurée pendant au moins six ans pour garantir une défense solide en cas de vérification technique.
- Un accompagnement professionnel, combinant rédaction technique et expertise fiscale, augmente la robustesse du dossier RS&DE face aux contrôles de l’ARC.
Table des matières
- Que doit contenir une feuille de temps RS&DE
- Bonnes pratiques opérationnelles pour saisir et valider le temps
- Excel ou logiciel de suivi : que choisir pour rester conforme ?
- Rapprochement paie, T661 et conservation des preuves
- Préparer son dossier avant un examen technique de l’ARC
- Perspective experte : ce que révèlent les dossiers RS&DE bien documentés
- Faites de vos feuilles de temps un atout, pas une faiblesse, avec Hlp
- Sources
- Questions fréquentes
Que doit contenir une feuille de temps RS&DE
Une feuille de temps sert un seul objectif face à l’Agence du revenu du Canada : établir un lien direct entre chaque heure rémunérée et un travail admissible. La politique sur les traitements ou salaires RS&DE précise que cette portion de rémunération doit pouvoir être rattachée à un employé, une période et un projet précis. Les T4 et la paie servent de point de départ, mais des ajustements restent souvent nécessaires pour isoler le temps réellement consacré à la recherche.
Concrètement, chaque ligne journalière devrait contenir :
- La date exacte de l’activité
- Le nom de l’employé et son rôle dans le projet
- Le projet RS&DE concerné, identifié par un code ou un nom stable
- L’activité technique réalisée (essai, analyse, développement, débogage)
- Le nombre d’heures, avec une granularité minimale de 15 minutes
- La catégorie admissible (recherche appliquée, développement expérimental, travaux de soutien)
- Le nom de l’approbateur et la date de validation
- Un lien vers la preuve : numéro de ticket, nom de fichier, identifiant de commit
Les réunions techniques et les activités moins visibles, comme la revue de code ou la lecture de littérature scientifique, méritent une ligne dédiée plutôt qu’une fusion dans une case « divers ». Un rédacteur pourra ensuite justifier ce temps s’il est nommé précisément.
Conseil de pro : notez systématiquement l’identifiant du ticket Jira, le numéro de commit Git ou le nom du rapport d’essai directement dans la cellule « preuve ». Un vérificateur qui doit chercher la pièce justificative dans un autre système perd confiance dans tout le dossier.
Bonnes pratiques opérationnelles pour saisir et valider le temps
La fréquence de saisie change la qualité de la preuve. Un employé qui remplit sa feuille de temps chaque jour se souvient des détails techniques précis ; celui qui reconstitue un mois entier en fin de période tend à arrondir les heures et à généraliser les descriptions. Le guide de l’ARC sur l’examen technique confirme que les enregistrements produits naturellement, comme les commits ou les tickets datés, pèsent plus lourd qu’une reconstitution a posteriori.
Voici la marche à suivre pour ancrer cette discipline dans l’organisation :
- Fixez une saisie quotidienne ou, au minimum, hebdomadaire, avec rappel automatisé le vendredi.
- Instaurez une approbation par le chef de projet dans un délai raisonnable suivant la saisie.
- Conservez l’historique des modifications : qui a changé quoi, quand et pourquoi.
- Effectuez une revue mensuelle comparant les heures déclarées aux livrables réels (rapports d’essai, versions livrées, commits).
- Documentez chaque écart avec une note datée plutôt qu’une simple correction silencieuse.
En un coup d’œil : les corrections tardives restent acceptables aux yeux de l’ARC à condition d’être documentées avec date, auteur, raison et approbation. Un historique propre vaut souvent plus qu’une feuille de temps sans aucune correction, car il prouve que le système est réellement utilisé.
Une politique interne écrite, même courte, évite les débats de dernière minute quand un gestionnaire veut « ajuster » les heures d’un projet six mois plus tard.
Excel ou logiciel de suivi : que choisir pour rester conforme ?
Un modèle Excel convient très bien à une petite équipe, à condition qu’il soit structuré et protégé contre les modifications non tracées. Microsoft propose des modèles de feuille de temps personnalisables intégrant date, heure de début, heure de fin, pause et total, qu’il suffit d’adapter en ajoutant les colonnes projet, activité technique et lien vers preuve.
Pour qu’un fichier Excel tienne la route face à un examen, il doit inclure :
- Des colonnes verrouillées pour la date, l’employé et le projet
- Un onglet de sauvegarde horodaté à chaque clôture de période
- Un export CSV ou PDF archivé à chaque fin de mois
- Une feuille séparée listant les modifications apportées après la saisie initiale
Un logiciel de gestion du temps dédié devient pertinent dès que l’équipe dépasse une dizaine de personnes sur plusieurs projets simultanés. Les fonctionnalités qui comptent réellement sont la piste d’audit automatique, l’export CSV natif, l’intégration avec le système de paie et la possibilité d’attacher un lien ou un fichier directement à chaque ligne. L’Agence du revenu du Canada n’exige pas d’outil précis, mais attend un enregistrement électronique lisible, daté, et capable de montrer qui a saisi ou modifié quoi. La question à se poser n’est pas « Excel ou logiciel ? » mais « ce système peut-il produire un export cohérent dans cinq ans, sans que personne ne se souvienne comment il fonctionnait ? »
Rapprochement paie, T661 et conservation des preuves
Le formulaire T661 formalise la demande, mais sa crédibilité dépend entièrement de la cohérence entre les feuilles de temps et les registres de paie. Le rapprochement consiste à vérifier que les heures RS&DE déclarées par un employé correspondent à une portion identifiable de son salaire brut sur la période, sans double comptage entre projets.
Le choix entre méthode traditionnelle et méthode de remplacement a un impact direct sur cette collecte. La politique sur les méthodes traditionnelle et de remplacement rappelle que ce choix doit être arrêté avant la production et ne peut être modifié après coup, ce qui oblige à anticiper la structure de collecte des frais généraux dès le début de l’exercice.
Lors d’un examen technique, l’Agence du revenu du Canada peut demander états financiers, grands livres, journaux et registres électroniques. Les documents les plus souvent réclamés en priorité restent les feuilles de temps signées, le grand livre de paie correspondant et les preuves techniques triées par projet.

Préparer son dossier avant un examen technique de l’ARC
Un examen technique se prépare des mois avant qu’il n’arrive, pas la semaine où la lettre tombe dans la boîte de réception. La discipline de saisie contemporaine ne sert à rien si personne ne sait retrouver les bons fichiers le jour où l’ARC les demande.
- Exportez les feuilles de temps par employé et par projet, avec l’historique complet des modifications.
- Associez chaque bloc d’heures significatif à sa preuve technique : ticket, commit, rapport d’essai ou compte rendu de réunion.
- Rédigez un résumé d’écart pour toute période où les heures déclarées divergent nettement des livrables observés.
- Constituez un paquet d’examen classé par ordre de priorité : exports d’heures, grand livre de paie et T4, puis preuves techniques triées par projet.
- Simulez les questions probables de l’ARC sur les activités les moins évidentes (réunions, revue de code, veille technologique) et préparez des réponses documentées à l’avance.
Conseil de pro : présentez toujours en premier les éléments qui établissent clairement le lien entre le travail effectué et la preuve disponible. Un vérificateur convaincu dès les premières pages du dossier pose généralement moins de questions sur le reste.
Perspective experte : ce que révèlent les dossiers RS&DE bien documentés
Sur le terrain, les dossiers les plus solides ne sont jamais ceux avec le plus d’heures déclarées, mais ceux où temps et preuves racontent la même histoire sans effort. Quand une feuille de temps mentionne « débogage module X » et qu’un commit daté le confirme au même moment, la discussion avec l’ARC change de nature : elle porte sur la technique, pas sur la crédibilité des chiffres.

Un rédacteur technique compétent ne se contente pas de résumer les heures. Il traduit des entrées parfois laconiques en justification auditable, capable de montrer pourquoi une activité relève de la recherche admissible et non d’un développement de routine. C’est un travail de traduction autant que de rédaction.
Le conseil le plus sous-estimé reste opérationnel : intégrer la revue RS&DE au cycle normal de paie et de gestion RH, plutôt que d’en faire un exercice isolé chaque printemps. Les entreprises qui y parviennent arrivent en examen avec des mois d’avance sur celles qui reconstituent leurs dossiers dans l’urgence.
— Alexandre
Faites de vos feuilles de temps un atout, pas une faiblesse, avec Hlp
Une feuille de temps bien construite ne suffit pas toujours à convaincre un vérificateur si la narration technique qui l’accompagne reste faible. C’est là qu’intervient un accompagnement professionnel : une équipe multidisciplinaire qui combine rédaction technique rigoureuse et expertise fiscale pour transformer vos enregistrements d’heures en dossier réellement défendable.

Les services de Hlp couvrent l’ensemble du parcours : rédaction des projets de recherche, maximisation de la réclamation, rapprochement des dépenses avec la paie, préparation en amont d’un examen et représentation en cas de litige, jusqu’à la Cour canadienne de l’impôt si nécessaire. Plutôt que de traiter la feuille de temps comme un simple tableau administratif, Hlp la relie directement à la justification technique attendue par l’Agence du revenu du Canada, réduisant le risque d’ajustement à la baisse. Vous pouvez consulter le blogue de Hlp pour approfondir les bonnes pratiques, ou demander une évaluation initiale de votre dossier directement via la page de services de Hlp.
Sources
Avant de structurer vos propres feuilles de temps, consultez directement les sources primaires :
Gardez à l’esprit qu’exports lisibles et historique conservé pendant au moins six ans restent la base de toute défense solide.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le crédit d’impôt RS&DE ?
Le crédit d’impôt RS&DE est le programme fédéral canadien qui encourage financièrement la recherche scientifique et le développement expérimental menés par les entreprises. La demande se fait notamment via le formulaire T661, et son admissibilité repose sur la preuve d’une investigation systématique face à une incertitude technologique.
Quelle est la définition de RS&DE au sens fiscal ?
La RS&DE désigne les travaux entrepris pour progresser dans les connaissances scientifiques ou pour développer de nouveaux produits, procédés ou matériaux par une démarche expérimentale documentée. L’admissibilité ne dépend pas du secteur, qu’il s’agisse d’agriculture, de biotechnologie ou d’aérospatiale, mais de la nature systématique de la démarche.
Combien de temps faut-il conserver les feuilles de temps RS&DE ?
Les registres et documents justificatifs, incluant les feuilles de temps, doivent généralement être conservés pendant au moins six ans. Les exports doivent rester lisibles et l’historique des modifications accessible pendant toute cette période.
Excel suffit-il pour documenter le temps RS&DE ?
Un fichier Excel peut suffire pour une petite équipe, à condition d’inclure des colonnes verrouillées, des sauvegardes horodatées et un journal des modifications. Au-delà d’une dizaine d’employés sur plusieurs projets, un logiciel dédié avec piste d’audit automatique devient généralement plus fiable.
Combien coûte l’accompagnement de Hlp pour une demande RS&DE ?
Les tarifs d’accompagnement de Hlp dépendent du mandat, de la taille de l’entreprise et de la complexité du dossier technique. Les informations tarifaires détaillées sont disponibles directement en contactant l’équipe via la page de services de Hlp.

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